L’article propose d’explorer les fondements éthiques et pédagogiques
d’un enseignement transdisciplinaire portant sur les enjeux éthiques et
sociaux des dérèglements écologiques en contexte d’Anthropocène
(Wallenhorst & Hétier, 2021). A partir d’une étude qualitative
portant sur la comparaison de deux parcours de formation aux transitions
à l’université, nous identifierons l’impact des méthodes d’enseignement
et de la posture d’enseignant sur la prise de conscience et la
responsabilisation écologique des étudiant.e.s (Freire, 2006). En ce
sens, au-delà d’un choix didactique d’éducation à une durabilité forte
ou faible (Lange, 2017), ce positionnement pour une éducation écologique
critique repose sur la co-construction d’un contexte d’apprentissage
mobilisateur, dans lequel la connaissance s’inscrit dans un « rapport
cognitif, affectif et corporel au monde » (Rosa, 2018). Aussi, dans un
contexte universitaire en prise aux tendances et dynamiques d’un système
éducatif libéral (Sauvé, 2007 ; Curnier, 2021), nous nous attarderons
plus spécifiquement sur la responsabilité de l’enseignant-chercheur en
tant que possible vecteur d’une éco-résonance critique, symbolique et
altruiste, c’est-à-dire, un enseignement qui relie les actions
individuelles et communautaires à leurs conséquences écologiques,
symboliques et sociales.